La Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0% en juin 2026, pour la quatrième fois consécutive. Les économistes n'anticipent aucun changement lors de la prochaine décision, attendue le 24 septembre. En comparaison, le taux directeur américain se situe entre 3,5% et 3,75%, celui de la Banque centrale européenne à 2,25%.
La Suisse n'est pas contrainte de suivre les autres banques centrales : le franc fort et une inflation faible — la BNS table sur seulement 0,6% en 2026 et 2027 — lui laissent cette marge de manœuvre. Mais pour qui a de l'épargne en Suisse, ce chiffre a une conséquence directe.
Ce que ça signifie pour votre compte
Un taux directeur à 0% se répercute sur la rémunération de l'épargne : les comptes bancaires classiques ne rapportent souvent que peu, voire aucun intérêt. Le 3ᵉ pilier bancaire suit une logique proche — les taux vont de 0,25% à 0,65% selon les banques, la plupart restant sous 0,5%, à peine de quoi compenser une fraction de l'inflation, même faible.
Concrètement : l'argent qui reste sur un compte ne perd pas de valeur du jour au lendemain, mais il n'en gagne pas non plus. Sur dix ou vingt ans, la différence avec un capital investi et diversifié devient considérable — pas à cause d'un coup de chance, mais simplement parce que l'un travaille et l'autre non.
Un contexte qui devrait durer
Le président de la BNS, Martin Schlegel, a rappelé que les conditions pour un retour à des taux négatifs restaient élevées, mais aussi que ce 0% était voulu comme durable. Pour qui épargne en francs suisses, ce n'est donc pas un accident passager : c'est un contexte à intégrer dans sa réflexion, pas à subir en silence.